BOUM ! Un bruit sourd fit sursauter Marius dans son lit. Pas un bruit effrayant, non, plutôt comme un pas lourd, joyeux, qui résonnait dans le jardin. Il se redressa, les yeux grands ouverts, et vit par la fenêtre une lueur rose et orange danser entre les arbres.
C’était le soleil qui se levait, mais aujourd’hui, il semblait porter une robe arc-en-ciel. Marius n’hésita pas une seconde. Il enfila ses petites baskets et sortit en pyjama, les pieds nus sur l’herbe encore fraîche. L’air sentait la terre et les fleurs, comme après une pluie d’été.
En approchant, il découvrit quelque chose d’extraordinaire : des empreintes de dinosaures brillaient sur le sol, comme tracées à la peinture argentée. Elles menaient vers la vieille cabane au fond du jardin, celle où il rangeait ses jouets. Mais ce matin, la porte était grande ouverte, et une lumière dorée en sortait.
Marius avança, le cœur battant un peu, mais surtout très excité. À l’intérieur, ce n’était plus une cabane, mais un jardin immense, rempli de plantes hautes aux feuilles violettes et de fleurs qui changeaient de couleur en le voyant passer. Et là, au milieu de tout cela, un petit dinosaure à plumes bleues le fixait avec des yeux ronds comme des boutons.
— Bonjour, Marius ! dit le dinosaure d’une voix chantante. Je m’appelle Luminos. Tu veux voir quelque chose de magique ? Marius hocha la tête, trop émerveillé pour parler. Luminos lui montra alors un chemin de pierres qui brillait comme des étoiles. Au bout, un volcan miniature, haut comme lui, fumait doucement, et sur ses pentes, des dinosaures de toutes tailles jouaient et riaient.
— Ce sont les gardiens du volcan, expliqua Luminos. Ils veillent sur la lumière qui dort en lui. Mais aujourd’hui, ils ont besoin de toi. Le volcan a peur de briller trop fort, et il a besoin de courage pour se montrer tel qu’il est. Marius écouta, un peu surpris. Un volcan qui avait peur ?
— Moi, je peux l’aider ! s’exclama-t-il. J’aime les volcans, et je sais qu’ils sont formidables. Luminos sourit, et ensemble, ils grimpèrent les pentes douces du volcan. Les dinosaures les regardaient avec admiration, et Marius se sentit grand, fort, prêt à tout. Devant la bouche fumante, il prit une profonde inspiration.
— Volcan, tu es magnifique ! dit-il d’une voix claire. Tes couleurs sont comme un feu d’artifice, et ta lumière éclaire tout ce qui t’entoure. Tu n’as pas à avoir peur, nous sommes là pour toi. Aussitôt, le volcan émit un doux murmure, comme un ronronnement satisfait. Une lueur chaude et apaisante en jaillit, et les dinosaures se mirent à danser autour.
Marius rit de bonheur. Il avait aidé le volcan à trouver son courage, et maintenant, tout le jardin brillait de mille feux. Les couleurs dansaient, les dinosaures chantaient, et même le vent semblait plus léger. Luminos lui offrit une plume bleue de sa queue en signe d’amitié. — Tu es très courageux, Marius, murmura-t-il.
Le soleil était désormais haut dans le ciel, et Marius sentit que son aventure touchait à sa fin. Il remercia Luminos et ses nouveaux amis, puis suivit le chemin des empreintes argentées qui le ramena à sa cabane. Quand il en sortit, il était de retour dans son jardin, comme si rien ne s’était passé… sauf la plume bleue qu’il serrait dans sa main.
Il rentra dans la maison, le sourire aux lèvres. Dans la cuisine, sa maman préparait le petit-déjeuner. — Tu as bien dormi, mon champion ? demanda-t-elle. Marius hocha la tête, les yeux brillants. Il ne dit rien de son aventure, mais il savait, au fond de lui, qu’il avait appris quelque chose d’important ce matin : le courage, c’est comme une petite flamme, il grandit quand on l’utilise.
Ce soir-là, en se couchant, Marius posa la plume bleue sur sa table de chevet. Les lumières de sa chambre semblaient plus douces, et les ombres, moins effrayantes. Il ferma les yeux, entendant encore le rire des dinosaures et le murmure du volcan. Ses paupières devinrent lourdes, lourdes… et il s’endormit, le sourire aux lèvres, prêt à rêver à de nouvelles aventures.