« Gabin, as-tu entendu ce bruit joyeux ce matin ? » chuchota la brise en caressant ses cheveux blonds.
Gabin, les yeux grands ouverts, écoute : un bourdonnement mélodieux résonne au loin, comme un tracteur qui s’éveille. Une odeur de foin coupé et de pain chaud flotte dans l’air.
Soudain, un petit tracteur rouge, tout luisant, apparaît au bout du chemin. « Monte, Gabin ! » semble-t-il murmurer. Le siège est moelleux, comme un nuage de coton.
Le tracteur s’élance, soulevant une poussière parfumée de terre humide. Gabin rit en sentant le vent frais sur son visage. Autour d’eux, les champs défilent, remplis de coquelicots et de blés qui dansent.
Voici la ferme merveilleuse : les vaches meuglent en rythme, les poules picorent des graines sucrées, et les moutons bêlent une berceuse. Gabin descend, ébahi, et tend la main vers une pomme juteuse pendue à un arbre.
Un chaton aux pattes de velours lui apporte une coupelle de lait crémeux. Gabin goûte : c’est le lait le plus onctueux qu’il ait jamais bu. Les odeurs de foin, de miel et de pain frais l’enveloppent comme une couverture.
« C’est l’heure de rentrer, Gabin », murmure le tracteur en démarrant doucement. Le soleil couchant peint le ciel de rose. Gabin s’installe, le cœur léger, et sent à nouveau le vent jouer avec ses cheveux.
De retour dans sa chambre, Gabin se blottit sous ses couettes. Le parfum de la ferme reste autour de lui, comme un doux souvenir. Ses paupières deviennent lourdes, lourdes...
Et tandis que le tracteur rouge s’endort aussi, quelque part dans ses rêves, Gabin ferme les yeux en souriant. Bonne nuit, petit Gabin.