Le crépuscule étendait une lumière mauve sur la chambre de Louise, et une douce odeur de vanille flottait depuis la cuisine, où le gâteau du dîner refroidissait encore.
Louise, les yeux grands ouverts, observait par la fenêtre les premières étoiles qui s’allumaient comme des lucioles timides. Elle rêvait de fusées, de ces vaisseaux qui filent vers le ciel comme des flèches d’argent.
Soudain, un petit souffle tiède effleura sa nuque. Une brise sucrée, comme un nuage de barbe à papa, lui chatouilla les joues. Elle se retourna et vit, posé sur son oreiller, un petit vêtement argenté qui brillait comme la lune.
C’était une combinaison de cosmonaute, mais pas une combinaison ordinaire : elle sentait le caramel et la cannelle. Louise l’enfila, et dès qu’elle eut glissé ses pieds dans les bottes, elle se sentit légère, comme un papillon prêt à s’envoler.
Une fusée miniature, pas plus grande qu’un livre, apparut à côté de son lit. Elle avait des ailes en forme de croissants de lune et exhalait une délicieuse odeur de pain chaud. Louise n’hésita pas une seconde. Elle grimpa dedans, et *vlan* ! La fusée décolla dans un nuage de paillettes comestibles.
Le voyage fut aussi rapide qu’un rire. En un clin d’œil, Louise atterrit sur une planète molle comme un nuage, où tout était comestible. Les arbres étaient en réglisse, les rivières coulaient de chocolat chaud, et les fleurs sentaient bon la confiture de fraise.
Un petit être rond et moelleux, avec des ailes en sucre filé, atterrit devant elle. « Bienvenue sur Gourmandia, dit-il d’une voix mélodieuse. Ici, chaque étoile est une friandise, et chaque souffle est un parfum. » Louise éclata de rire en voyant des nuages de guimauve passer au-dessus de sa tête.
Elle suivit son guide à travers des jardins où les fruits chantaient des mélodies sucrées. Elle croqua une étoile en forme de bonbon, qui lui fit voir des couleurs danser devant ses yeux. Puis elle but une gorgée de lait stellaire, aussi onctueux qu’un nuage, et qui lui donna des ailes.
Louise vola jusqu’à une tour en meringue, d’où elle put admirer toute la planète. Les étoiles, ici, n’étaient pas seulement dans le ciel : elles dansaient autour d’elle, comme des amis qui lui faisaient la fête. Elle se sentit plus légère que jamais, comme si elle pouvait dormir n’importe où, même au milieu de l’espace.
Mais soudain, une petite voix lui chuchota à l’oreille : « Louise, il est temps de rentrer. » Elle comprit que son aventure touchait à sa fin. Elle fit un dernier tour en fusée, attirée par l’odeur réconfortante de sa chambre, celle du gâteau de la cuisine.
La fusée la déposa doucement sur son lit, et la combinaison disparut dans un nuage de poudre d’or. Louise se blottit sous sa couette, les joues encore tièdes du voyage. Elle respira profondément, et l’odeur de vanille la berça.
Elle ferma les yeux, et dans son esprit, les étoiles de Gourmandia continuèrent de danser. Elle sourit en pensant à ce qu’elle avait découvert : même loin de la maison, on peut se sentir chez soi. Ses paupières devinrent lourdes, et elle s’endormit, bercée par le doux murmure des constellations.
Bonne nuit, Louise.